TEDxAlsace 2017 : mon résumé de l’événement « est-ce la limite? »

Ce TEDx se déroulait le 21 janvier 2017 pour la première fois à Strasbourg à la cité de la musique et de la Danse. Le thème de cette édition était « est-ce la limite ? »,  les 12 intervenants nous ont transporté dans leur univers respectifs et ont partagé leurs expériences au travers de limites physiques & psychologiques (dépassées pour le meilleur comme pour le pire), de limites culturelles ou bien technologiques.

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Plutôt que de reprendre l’ordre chronologique pour présenter les différentes interventions de l’après-midi, j’ai décidé de mettre les femmes à l’honneur en les mettant en tête de mon article. On pourrait penser que je le fais par solidarité féminine, mais c’est surtout parce que les différents talks féminins ont transmis beaucoup d’émotions au public, ils méritent à mon sens d’être mis en valeur.

1.       Maria Cuche-Christian

Maria est née dans un foyer pour mère célibataire en Irlande, car c’était ainsi que cela se passait pour les femmes qui tombaient enceintes hors mariage. Sa mère s’est battue pour ne pas avoir à laisser sa fille à l’adoption comme cela se faisait, et finalement l’amour maternel (de sa grand-mère) a été plus fort que le déshonneur lié à cette grossesse, et Maria et sa mère ont pu sortir du foyer.

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Le mariage de sa mère a ouvert de nouvelles perspectives à Maria, dont la famille s’est vite agrandie mais non sans s’accompagner de difficultés. Etant l’ainé Maria a vite pris des responsabilités dans les tâches quotidiennes, mais c’est dans le chant qu’elle trouve refuge pour oublier la tristesse d’une enfance volée.

Son premier concours de chant a lieu à ses 5 ans, mais hélas en grandissant elle est touchée par une dystrophie foudroyante (maladie génétique rare), elle perd progressivement la vue jusqu’à devenir aveugle. Obligée de quitter sa famille et ses amis pour rejoindre une école pour non-voyants, elle doit par la même occasion abandonner sa passion pour le chant et ses rêves de devenir chanteuse.

Mais Maria n’a pas dit son dernier mot, malgré son handicap elle échafaude un plan pour s’échapper de l’école et réussi l’impensable : Rentrer chez elle avec pour seule aide sa mémoire et quelques bonnes âmes à qui elle tente de cacher sa maladie. Elle arrive ainsi à retrouver sa famille et face à sa détermination retrouvera une vie où le chant prendra alors une place prépondérante jusqu’à représenter l’Irlande au concours de l’Eurovision.

Pour Maria le handicap n’a jamais posé de limites, il faut juste s’adapter à lui pour en tirer le meilleur de soi. Elle a trouvé à son tour l’amour et fondé une magnifique famille de 7 enfants. Pour terminer son intervention Maria a chanté une chanson accompagné par son fils au piano, tellement beau et touchant que la salle ne pouvait que lui offrir une standing ovation en retour.

2.       Isabelle Lasserre

Isabelle a été journaliste de guerre. Elle a été au plus près des conflits pendant des années en les suivant pour un grand média français, elle a notamment couvert le conflit des Balkans où elle assiste à des scènes de purifications ethniques, se retrouve au milieu d’attaques au mortier entre plusieurs groupuscules, et est même là quand des charniers sont mis à jour. Pour elle, la guerre révèle le meilleur et le pire de l’homme en même temps. Elle n’hésite pas à prendre toujours plus de risques, ce qui lui vaut d’ailleurs le surnom de « trompe la mort » parmi les autres journalistes.

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Et puis un jour de 1992, alors qu’elle avait l’impression d’avoir passé une bonne nuit récupératrice (plutôt rare à l’époque), elle se réveille mais reste dans le noir. Son visage a triplé de volume et la brule énormément, elle est devenue « Elephant Woman » l’espace d’une nuit. Elle rentre donc en France et commence à se rendre à l’hôpital pour trouver un traitement et des réponses.

Les spécialistes ne trouvent pas d’explications à sa réaction et traitent tant bien que mal les symptômes. Mais Isabelle n’est pas vraiment du genre à se contenter de ces réponses approximatives, et elle découvre un peu par hasard en forçant les choses qu’il existe un spécialiste combinant dermatologie et psychologie. Et là est finalement la réponse, le spécialiste s’accapare son cas et donne un verdict sans appel « allergie à la guerre ».

Isabelle a atteint ses limites physiques et son corps a réagi par cette réaction allergique fulgurante. Mais comment faire quand on est accro à l’adrénaline de couvrir ces guerres, mais que ces mêmes conflits poussent votre corps à ses limites ? Comme un lion en cage quand elle ne peut se rendre sur les territoires en guerre (à cause de cette dépendance en lien avec le décès de sa mère), la reconversion est difficile, elle retente l’expérience et revient à chaque fois que son corps ne le supporte plus. Finalement c’est en Tchétchénie alors qu’elle est à deux doigts d’y perdre la vie quand un obus s’est abattu sur l’immeuble où elle était en ligne avec son patron, qu’elle décide de changer de vie, pour elle mais aussi pour sa famille. Le sevrage est difficile mais elle finit par y trouver son équilibre, comme quoi les guerres sont aussi intérieures.

3.       Christèle Perrot

Christèle avait ce qui semblait être la vie parfaite : un mari, trois enfants, un bon job dans la finance (non pas qu’il la passionnait mais il payait bien), une vie sociale… Elle est hyperactive comme toutes les femmes modernes et parait épanouie jusqu’au jour où elle ressent une immense fatigue qui la cloue au lit.

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Elle qui n’est jamais malade, elle se retrouve pourtant avec 8 de tension. Elle va voir son médecin mais refuse l’évidence du diagnostic, étant persuadé qu’une petite pause et une cure de vitamines suffiront certainement à la remettre sur pied. Pourtant le Burn-out est bien installé en elle, et après quelques temps de repos se sentant suffisamment en forme, elle retourne au travail mais replonge aussitôt. Elle va même jusqu’à songer au suicide malgré sa famille autour d’elle, son corps la lâche et la dépression l’entraine dans les bas-fonds.

« Je suis une femme forte, ce n’est pas pour moi ça », nous sommes nombreux/nombreuses à penser que cela n’arrive qu’aux autres, à ceux qui sont plus « faibles » ou qui n’ont pas une vie aussi « parfaite », mais non, le burn-out peut nous rattraper tous autant que nous sommes.

Christèle finit par se rendre à l’évidence, elle accepte les antidépresseurs, et elle décide même de pousser la porte d’un psychologue. Et là c’est finalement une révélation, la première fois depuis des années que quelqu’un s’intéresse à elle. « Qu’est-ce que vous voulez ? », « de quoi avez-vous envie ? », ces questions peuvent sembler anodines mais quand cela fait des années que l’on s’oublie pour s’occuper des autres et juste faire les choses bien sans se préoccuper de ce que l’on veut et aime au plus profond de soi, ces simples questions peuvent chambouler un univers apparemment si « parfait » .

Finalement elle prend plaisir à avoir ces consultations car cela fait du bien d’avoir des RDV où on parle que de nous-même. Elle se décide aussi à faire un bilan de compétences, qui se révèle être un second lieu où on s’intéresse enfin à elle. Elle s’engage donc sur la voie du changement, et s’oriente vers une nouvelle vie professionnelle de coach où elle s’épanouie, et surtout elle se garde du temps pour elle.

Prendre RDV avec soi-même, se bloquer une journée pour visiter son jardin intérieur et faire ce que l’on a envie de faire. Voilà le secret de ce nouvel équilibre retrouvé, pour pouvoir mener une vie professionnelle épanouissante, il faut aussi se garder du temps pour être en phase avec soi-même et se faire plaisir.

4.       Kankyo Tannier

Kankyo est une nonne bouddhiste qui est venue partager avec nous 3 expériences et enseignements qu’elle a vécus, entre spiritualité et poésie, elle nous a transportés dans son univers si singulier.

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La première expérience est celle du petit oiseau du soleil levant. Kankyo s’est rendue au monastère de Nagoya pour une retraite traditionnelle dans ce qui est réputé comme le monastère le plus dur. Pas d’électricité, ni d’eau chaude, aucun confort, de la promiscuité, de nombreuses tâches physiques à accomplir et le tout dans une langue qu’elle ne connaît pas. Généralement les nonnes étrangères abandonnent au bout de quelques jours, mais Kankyo voulait dépasser cela et tenir ses 3 mois, mais la rigueur de l’hiver et les tâches harassantes ont failli avoir raison de sa motivation et dans la colère elle veut partir et se décide à plier bagages. C’est à ce moment qu’elle aperçoit ce petit oiseau par la fenêtre et malgré la colère bouillonnant en elle, c’est l’émerveillement qui a pris le dessus. Ce lâcher prise est l’objectif de ces retraites et c’était réussi. Les émotions sont impermanentes… on peut toujours reprendre le dessus.

La deuxième expérience a été mené avec la salle, elle répond à la question « il y a quoi dans ma tête ?». Un exercice de méditation et de visualisation où chacun est invité à fermer les yeux et à se concentrer sur ce qu’il a en tête à l’instant présent. Comment chacun d’entre nous visualise ses pensées : Par une image (une forme floue ou un souvenir) ? Par du son (entendre sa voix intérieure) ? Par des sensations (pour les kinesthésiques) ? Faites donc à votre tour le test, fermez les yeux, respirez et concentrez- vous sur ce que vous avez à l’esprit… comment cela se représente-t-il ?

Le dernier partage était appelé « le périscope ». Alors qu’elle était chanteuse, un jour le trac l’a envahi. Elle sentait ce stress se propager dans son corps mais s’est battu pour garder la tête hors de l’eau. Elle était capable d’observer ce qui lui arrivait, c’était une forme de conscience « in & out » à la fois à l’intérieur d’elle-même et comme si elle s’observait depuis l’extérieur également. C’est une conscience témoin, ce qui lui a permis de terminer sa prestation sans se laisser submerger par le trac.

Pour terminer Kankyo nous propose un exercice / rituel à réaliser chaque matin, au lieu de se lever tel des automates, elle invite chacun à prendre conscience de sa première pensée du matin. On se réveille et alors qu’on est encore allongé ou que l’on s’assoie sur le bord de son lit, on se concentre sur cette première pensée du matin. On peut ensuite se lever en pleine conscience et non comme les ombres de nous-même.

5.       Florence Leoszewski

Florence a partagé avec nous le combat d’une mère face à un corps médical souvent distant et peu concerné. Alors que son fils Celian commence à boire de plus en plus d’eau au quotidien, 2 litres puis 5 litres et jusqu’à 10 litres par jour, le corps médical semble sourd aux demandes d’explications de Florence. Ils sont persuadés que le problème est d’ordre psychologique et envoient Celian consulter un pédopsychiatre pour soigner ce qu’ils considèrent comme un TOC.

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Mais face au mal-être de son enfant dont la consommation d’eau ne baisse pas vraiment malgré les séances, elle est décidée à savoir. Elle veut trouver les possibilités qui pourraient expliquer cette forte consommation d’eau et commence ses recherches par ses propres moyens, et malgré sa méconnaissance du domaine médical, elle finit par établir un top 3 des principales causes. Elle va décider alors de soumettre cette liste au personnel médical qui finit par arriver aux mêmes conclusions. C’est une tumeur qui est logée à la base du cerveau qui génère ce dérèglement, l’eau est évacuée du corps de Celian qui a donc besoin de boire énormément pour compenser. Reste à trouver comment retirer cette tumeur, et Florence est alors repartie dans ses recherches médicales pour trouver la meilleure réponse.

Pendant ce temps elle découvre également pourquoi son petit dernier semble être dans sa bulle et communique avec son propre langage que seul Celian semble comprendre, il est atteint de surdité.

Arrive le jour de l’opération du retrait de la tumeur de Celian, une journée interminable pour Florence dans l’attente de savoir si elle réussira et s’il ne mourra pas sur la table d’opération. Celle-ci est réussie et Celian pourra retrouver une vie normale et prendra même goût pour le sport, il est présent sur scène ainsi que son frère à la conclusion de l’intervention.

Confrontée à la perspective de la mort de son enfant, Florence a perdu 10kg, mais elle s’est battue comme une lionne pour défendre son enfant face aux certitudes des professionnels de la santé (pas si pro que ça pour le coup). Moralité, il n’y a pas de limites à l’amour inconditionnel d’une mère pour ses enfants.

6.       Eric Julien

Eric nous emmène à la découverte du peuple Kogis. Alors qu’il était parti seul en excursion dans les montagnes de la Colombie, il fait une embolie pulmonaire et se voit déjà mourir seul, mais il est sauvé par des indiens Kogis passant par-là qui le ramènent chez eux et le soignent.

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Une fois qu’il se sent mieux il tente d’en savoir plus et leur demande « pourquoi m’avez-vous sauvé ?», ils lui ont alors répondu qu’ils ne veulent pas de poubelles dans leur montagne. L’homme blanc n’est pas vraiment bien perçu dans cette culture. Eric leur demande alors comment les remercier, ils lui disent que tout ce qu’ils veulent c’est récupérer leurs terres ancestrales qui leur ont été volées. Encore jeune (et insouciant), Eric Julien accepte la mission et se met en tête de rendre les terres aux Kogis. Chose plus facile à dire qu’à faire, mais à force de travail, il arrive à faire restituer 2500 hectares de terres à ce peuple.

Depuis le dialogue s’est établi et Eric a même fait venir une délégation de Kogis chez nous pour qu’ils puissent sensibiliser nos populations et politiques. Leur culture et leur histoire aurait beaucoup à nous apprendre sur le respect de la nature, eux sont « éco centrés » et nous sommes juste égocentrés.

Leur première question à la découverte de nos villes a été « mais comment faites- vous pour vivre sans nature ?». Nous cherchons à aménager les lieux au lieu de ménager ceux-ci, pourtant nous avons du mal à écouter leur discours alors que finalement l’échange devrait être naturel car nous avons tous le même destin … mourir…

Bref il serait temps que nous dépassions les limites de notre culture pour prendre exemple sur d’autres et enfin trouver le moyen de vivre en harmonie avec la nature, une sorte de 3ème Monde. Et si pour cela il suffisait de vivre avec humilité, fraternité, audace, cohérence et humour… c’est peut-être la solution.

7.       Jean-Philippe Hauss

Dans les années 80, Jean Philippe est un enfant qui rêve de courses mythiques tel que le Paris-Dakar. Avec ses premiers salaires d’adolescent, il se paiera sa première mobylette (une Peugeot 103) avec laquelle il ira faire des courses sauvages sur les parkings du supermarché avec ses copains le weekend.

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Son premier métier ne lui plaira pas, il va donc changer de job et prendre en plus des cours du soir, mais tout ceci sans oublier sa passion pour la moto. Puis arrive dans sa vie l’opportunité de participer à un rallye dont il a gagné son inscription par un concours. Celui-ci se déroule en partie sur le tracé du Paris-Dakar, il est alors en passe de réaliser son rêve.

Il participe à cette course avec une moto toute neuve et se sent pousser des ailes au fur et à mesure des étapes, mais la difficulté des épreuves le rattrape dans une session nocturne alors qu’il file à toute allure dans les dunes, il s’enlise et chute violemment. Blessé il n’arrive pas à dégager sa moto. Il essaye à plusieurs reprises et perds peu à peu l’espoir d’y arriver, quand tout d’un coup il réalise qu’il risque de mourir s’il reste enlisé sur la route de la course en pleine nuit, il pourrait se faire heurter par les autres concurrents. Il rassemble alors ses dernières forces et réussi enfin à dégager sa moto et remonte dessus, c’est alors qu’il voit débouler d’autres véhicules qui auraient pu le tuer quelques minutes plus tôt. La fin de la spéciale est compliquée pour Jean-Philippe qui enchaîne les chutes mais il finit par franchir la ligne d’arrivée sain et sauf.

Cette aventure lui aura donné une grande confiance en lui et en ses possibilités, il réalise alors qu’il doit changer de vie. Il prend une nouvelle orientation professionnelle en reprenant la direction de l’entreprise familiale dans laquelle il peut enfin s’épanouir et aider les autres à en faire de même en poussant toujours un peu plus les limites.

8.       Michel Gautier

Le saviez-vous ? Les fréquences musicales ont une influence sur les végétaux et les animaux.
C’est dans cet univers de la résonance que Michel Gautier nous entraîne au sein de ses expérimentations et observations.

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432Hz c’est la fréquence de résonance de l’eau, mais c’est aussi la fréquence de nombreux morceaux de musique dont la musique classique (Mozart, Beethoven…). Quand on diffuse de la musique répondant à cette fréquence sur des cultures, il a été constaté que les plantes avaient un meilleur développement. C’est d’ailleurs très visible sur certains légumes.

Mais au-delà des plantes, la musique et sa fréquence a un impact sur les animaux et les hommes. Elle peut influencer nos comportements positivement ou négativement. Il faut donc être assez vigilant à ce que l’on écoute. A partir des années 80, la musique populaire s’est développée sur des fréquences de 440Hz beaucoup moins favorables pour notre corps.

Certains morceaux tels que « Hang Out » (repris par de nombreux artistes) favoriseraient la dépression, alors qu’à l’opposé le morceau classique Canon de Pachelbel serait un puissant anti-stress et il régulerait notre métabolisme en agissant directement sur les acides aminés de notre corps. D’autres morceaux de Bob Marley et nombreux autres artistes auraient cette action sur notre corps.

Quelques temps avant sa mort Mozart a d’ailleurs changé la fréquence de ses morceaux et certains pensent qu’ils se seraient tués avec sa musique. Alors quitte à écouter de la musique, privilégiez les morceaux à 432Hz.

9.       Luc Soler

Dès l’âge de 5 ans, Luc Soler sait déjà ce qu’il veut faire, il veut sauver des vies et devenir chirurgien. A l’âge de 18 ans avant d’intégrer la fac de médecine, il a l’occasion de faire un stage d’été dans le monde hospitalier où il découvre l’ensemble des fonctions au sein de l’hôpital jusqu’à la salle d’opération où il assistera un chirurgien.

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Hélas la fac de médecine est un univers impitoyable, après un premier échec pour passer la première année, c’est une seule mauvaise note lors de sa seconde tentative qui va l’éloigner à jamais de son rêve. Il faut alors apprendre à se relever et trouver d’autres alternatives, il a songé à l’armée mais il se reporte plutôt sur un de ses loisirs, l’informatique.

Il intègre une école d’informatique qui lui permettra de découvrir une section d’informatique médicale, on peut dire que là ça fait tilt pour lui, à défaut de pouvoir devenir chirurgien il va pouvoir développer des outils informatiques pour les chirurgiens. Sa thèse de fin d’étude porte sur un programme de classification anatomique du foie qui remettra même en cause certaines théories médicales, elle sera félicitée par un collège de spécialistes et créera un véritable pont entre le médical et l’informatique, deux univers bien distincts jusqu’à présent.

C’est une rencontre avec le professeur Marescaux qui permettra alors à Luc Soler de développer ses projets avec l’introduction de la réalité virtuelle dans la médecine et de la chirurgie assistée par ordinateur. A défaut d’avoir pu devenir chirurgien, Luc Soler est Docteur en Médecine et chirurgien virtuel.

Il n’y a pas de limites infranchissables si l’on croit en ses rêves…

10.   Stephane Knecht

Quand Stephane commence à nous parler de sa passion, on se demande si un coach en séduction est monté sur scène, mais il finit par lever le voile, ce qui l’enthousiasme autant c’est le vin.

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Pourtant on peut dire que rien, mais absolument rien, ne le prédestinait à cet univers. Dans une famille où l’alcool est complètement absent des repas (y compris des repas dominicaux), lui était plutôt spécialiste de l’association mets/sirops que celui de mets/vins. Ses premiers contacts avec l’alcool sont d’ailleurs plutôt catastrophiques mais quand on intègre le milieu de la restauration, dans un premier temps comme serveur puis dans les cuisines, boire de l’alcool est un passage obligé.

Il débute alors avec les panachés/monaco, et pour fêter sa majorité c’est directement le coma éthylique à la vodka, il ne fait pas vraiment les choses à moitié et par esprit de contradiction quand on lui dit qu’il ne pourra jamais devenir sommelier, il va tout faire pour le devenir.

Il apprend donc les vins mais n’y prend aucun plaisir, jusqu’au jour où dans la cuisine un verre de Romanée-Conti 1985 est laissé de côté pour l’équipe dans la cuisine, il l’observe, le sens et finit par goûter ce vin qui sera alors une révélation pour lui. Depuis il aime le vin et cherche à affiner sa passion en découvrant toutes les subtilités des cépages et des maisons.

Son propre restaurant propose des menus d’association mets/vins dans lequel il met tout son cœur…. Comme quoi quand on cherche à vous imposer des limites il ne faut pas hésiter à les dépasser.

11.   Alexandre Droulers

Pourrions-nous nous passer de voitures dans les villes dans l’avenir ? Strasbourg est une des premières villes à avoir libéré son centre-ville des voitures en le piétonnisant en grand partie, en développant son réseau de trams et en intégrant des pistes cyclables à ses infrastructures. D’ailleurs après un test rapide dans la salle, une bonne partie du public ne dispose pas de voiture.

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Mais toutes les villes ne se sont pas développées de la sorte, et près de 7 propriétaires sur 10 de voitures déclarent ne pas pouvoir s’en passer. Pourtant en moyenne le taux d’utilisation d’une voiture personnelle est de 4%. Globalement votre véhicule est utilisé 1h/ jour, contre 23h où il est en stationnement.

Et malgré un coût d’entretien élevé (jusqu’à 6000€ de dépenses par an), nous (automobilistes) souhaitons conserver ce moyen de locomotion car il nous offre un sentiment de liberté acquis depuis des années.

Mais depuis quelques temps le digital change la donne, et du bout des doigts (sur nos smartphones) vous avez facilement accès à différents véhicules à tout moment : voitures avec chauffeur (VTC), covoiturages, locations de voitures entre particuliers. Et tous ces nouveaux services peuvent couvrir bon nombre de besoins pour quelqu’un qui utilise occasionnellement sa voiture.

Dans les villes, la voiture a un coût élevé et pas uniquement financièrement parlant, mais aussi en terme de stress, de temps gaspillé et de pollution. Et puisque les Smartphones ont fait sauter certaines limites, pourrions-nous alors envisager demain des centres villes sans voitures particulières ?

12.   Jean-Charles Cailliez

Avez-vous déjà essayé de réaliser une omelette sans casser des œufs ? Cela semble impossible mais pourtant Jean-Charles pendant un teambuilding a cette idée farfelue, même si la première réponse de son équipe du jour a été de dire « oui mais c’est impossible ».

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10 équipes étaient challengées sur l’idée de faire la plus belle omelette, mais alors que les autres équipes se précipitent à réaliser leur omelette en cassant et battant les œufs, Jean-Charles et son équipe veulent jouer l’originalité, car de toute façon ils sont piètres cuisiniers. Reste à dépasser les contraintes imposées par l’idée, mais à chaque problème sa solution : ils percent délicatement les œufs pour en extraire le blanc, puis secoue les coquilles rebouchées pour rendre les jaunes liquides… ils font une omelette avec de la crème et des herbes qu’ils réintègrent en miette dans la coquille percée et rebouchent le trou pour présenter leur plat « l’omelette à la coque » qui surprendra le jury de chefs. Leur équipe a remporté le challenge en optant pour l’originalité.

Et dans l’éducation, serait-il possible d’oser et de révolutionner les méthodes établies ? C’est en tout cas les expérimentations de Jean-Charles, transformer les cours magistraux en cours Do It Yourself pour les étudiants. C’est dans l’esprit de la classe inversée, le professeur n’est là que pour aider les étudiants qui doivent trouver par eux-mêmes comment avancer dans leur apprentissage.

C’est d’ailleurs la base même de la pédagogie, il ne s’agit pas d’apprendre aux autres mais de les accompagner à apprendre. Avec cette méthode, les élèves apprennent à s’entraider, à se faire confiance et à faire confiance aux autres, ce qui se révèlera surement beaucoup plus utile dans leur avenir professionnel. De même il a supprimé le système de notation sur 20 pour remettre en place un système de bon point, ce qui pousse les étudiants à faire mieux sans avoir la sanction de la note.

A chaque fois que Jean-Charles Cailliez tente d’inviter les autres professeurs à expérimenter de nouvelles méthodes, il se retrouve confronté au « oui mais… ». Pourtant la créativité et l’innovation ne vont pas à l’encontre des bases académiques qu’ils doivent enseigner. Il y a des limites à chaque système mais rien n’empêche de tester d’autres choses et par la même occasion de dépasser les idées reçues.

Merci à Philippe Studer et tous les volontaires pour l’organisation, ainsi que Salah Benzakour pour cette belle après-midi.

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RDV dans quelques jours sur le site TEDxAlsace pour voir les vidéos des conférenciers : https://www.tedxalsace.com/category/videos/

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Et pour vous où est la limite ?

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